S'identifier - S'inscrire - Contact

Punitions corporelles : halte aux idées reçues

10 idées reçues sur les fessées, baffes, roustes et compagnie.

Par Patrick • Actualités • Lundi 14/07/2008 • 0 commentaires  • Lu 725 fois • Version imprimable

«Rien de tel qu’une bonne raclée pour remettre un enfant dans le droit chemin» Faux. Une étude extensive de la prestigieuse revue Pediatrics, réalisée en 1998 aux Etats-Unis, a montré le contraire. Les punitions corporelles étaient, à cette date, utilisées dans la moitié des Etats américains. L’analyse a montré que les châtiments corporels s’étaient révélés inefficaces à l’école et que leur suppression n’avait pas augmenté les mauvaises conduites. En revanche, un nombre impressionnant de recherches scientifiques démontrent que la punition corporelle pose un risque à la sécurité et au développement de l’enfant. Plus les punitions corporelles sont incluses dans le mode éducatif des enfants, plus leur risque d’agressivité et de délinquance à l’âge adulte augmente. Le pourcentage de délits commis s’est avéré triplé chez les fils ayant reçu de fortes punitions corporelles de leur père (Mac Cord J. cité dans Éducation et famille de Durning P. et Pourtois J.-P., de Boeck Université, Bruxelles).

«Une bonne baffe ne peut pas faire de mal»
Faux. Un travail fait au Niger dans un centre d’ophtalmologie montrait qu’un quart des traumatismes oculaires soignés étaient en rapport avec des claques reçues par des femmes ou des enfants (Nwosu SN., West Afr J Med, jul sept 1995). Les tympans percés et les traumatismes crâniens consécutifs aux gifles ne sont pas rares. Mais surtout, les dégâts psychologiques des punitions corporelles ont été clairement démontrées par de très nombreuses études. L’enfant «intériorise les stratégies agressives observées chez ses parents» (Karli P., Les racines de la violence, Paris, Odile Jacob, 2002)

«Ce n’est pas parce qu’on gifle un enfant que l’on est violent»
Ca se discute. La majorité des cas signalés et fondés de violence physique envers les enfants, sont des situations de punitions corporelles (Journal of Social Welfare and Family Law, Trocmé, N. et J.E. Durrant, 2003)

«Une bonne correction, ça forge le caractère»
Faux. Selon les pédopsychiatres, l’enfant pense que si on le frappe, c’est qu’il est mauvais. C’est donc une image négative de lui-même que les punitions corporelles forgent. La punition corporelle a été corrélée à la dépression, la tristesse, l’anxiété et au désespoir chez les enfants. Les enfants qui en subissent ont également moins tendance que les autres à résister à la tentation, et à démontrer de l’altruisme et de l’empathie.

«Une bonne correction, ça lui apprendra le respect»
C’est confondre le respect et la peur. Le respect suppose que l’on comprenne et partage les valeurs d’une personne ou d’une idée dont l’autorité ou la valeur agit sur nous. En fait de respect, il a été démontré que même à l’âge de deux ans, la punition corporelle amenait les enfants à éviter leurs parents.

«Les enfants, c’est comme les chiens, ça se dresse»
Est-ce que j’exagère ? Non, je l’ai entendu de mes propres oreilles de la part de toubabs visiblement sur le retour. Que ceux qui ravalent les enfants au rang d’animaux se renseignent : même les chiens, de nos jours, on ne les bat plus parce qu’on a remarqué que c’était contre productif. Les équipes canines ne sont plus constituées de «dresseurs», mais d’«éducateurs».

«Il ne perd rien pour attendre»
Faux, il perd pour attendre. Punir un enfant le soir pour une faute commise le matin (attends que papa rentre… il va te gronder durement, etc.) fait perdre à la sanction tout son sens. Il faut que l’interdit soit compris de l’enfant et que le lien de cause à effet se dessine à lui de manière logique. Donc, la punition doit être proportionnelle à la faute, et mise en place immédiatement.

«Un parent a toujours raison et ne doit pas s’excuser»
Hmm... Ca vous est certainement arrivé d’avoir tord, en punissant votre enfant pour un forfait qu’il n’avait pas commis. Chaque parent a le droit à l’erreur, cela fait partie du jeu de l’éducation. Mais chaque enfant a aussi le droit au respect. Refuser de s’excuser quand on a tort, c’est faire preuve d’autoritarisme, pas d’autorité. C’est enfermer l’enfant dans ce que Freud nommait l’illusion de la toute-puissance parentale qui induit, à long terme, des attitudes de défense, de soumission et/ou de révolte.

«L’autorité n’a pas a se justifier»
Faux. Comment un enfant peut-il comprendre le sens d’un interdit si ses parents ne lui en expliquent pas, préalablement, les raisons ? Bien sûr, un môme ne renoncera pas à courir pieds nus parce que ses parents lui auront expliqué l’éventualité d’une épine d’acacia. Mais si être capable d’exiger, d’interdire ou de gronder est nécessaire, savoir expliquer à l’enfant le pourquoi de la limite imposée est fondamental pour qu’il l’intègre. Observez les yeux de vos enfants quand ils écoutent les motivations de votre réprimande. Vous vous apercevrez qu’ils vous scrutent, humbles mais fiers d’être considérés comme des «grands».

«On lui apprendra l’obéissance à coups de trique»
Franchement, non. «L’obéissance n’est pas une vertu réservée aux enfants et destinée à rendre la vie agréable aux parents», selon le Pr. Mant, d’Eduka. Il faut très certainement l’inculquer, mais pas à coups de trique. L’enfant qui obéit en se rebellant intérieurement est perdu pour la véritable obéissance.

Si vous êtes d'accord pour remettre en question ces quelques idées reçues bien répandues, vous pourrez constater que vous n'êtes pas tout(e) seul(e) ici.

friendconnect


Au fil du web


Les potos !


Les meilleurs sites pour les parents !